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L'église prieurale

dilon, le cinquième abbé Odilon, né en 961 ou 962 est originaire d'Auvergne. Il appartient à la puissante famille de Mercceur et il a d'abord été chanoine de Brioude, le plus prestigieux sanctuaire de la région. Puis Mayeul l'attire à Cluny, et enfin le choisit comme coadjuteur en 993. C'est sous son abbatiat que Cluny s'affirme à travers l'immunité, l'exemption et les coutumes liturgiques et se constitue en une ecclesia cluniacensis, un réseau d'établissements. Il institue vers 1030, la Fête des morts célébrée le 2 novembre et élabore l'idéologie de la mémoire des défunts, entretenue par les prières des moines. Sous Mayeul et Odilon, Cluny est implantée en Bourgogne, Auvergne, Provence et Italie. C’est sous l'abbatiat de Hugues de Semur (1049-1109) que le réseau va s'étendre dans le domaine capétien (avec Saint-Martin-des-Champs, à Paris), mais aussi en Angleterre, dans l'Empire et en Espagne. L'abbé Odilon est aussi inhumé à Souvigny. Une étude récente41 a montré que la mort d'Odilon à Souvigny était sans doute un choix et non un hasard. Odilon voulait mourir à Rome, comme d'ailleurs l'avait souhaité aussi Mayeul, mais d'après son biographe Jotsald, il se rétablit « contra spem », contre tout espoir. Odilon rentre à Cluny, fin mai-début juin 1047, mais il repart pour une visite de différents établissements, qui le mène à Souvigny à la fin de 1048. Il va donc mourir près des reliques de son prédécesseur. Nous disposons de deux récits évoquant sa mort. Le premier est une lettre envoyée par les moines de Souvigny à Albert, abbé de Saint-Denis, cette lettre est datée de juin 1049, soit quelques mois après la mort d'Odilon. C’est un texte précis, très réaliste dans les détails montrant l'agonie de l'abbé qui ne peut plus avaler que du vin et du miel dont il vomit la plus grande partie, ses difficultés à chanter, son comportement agité. Le deuxième texte, élaboré par Jotsald élimine soigneusement ces détails : il est destiné à édifier les fidèles, à montrer ce que doit être la mort d'un abbé. Dans cette version, Odilon repousse le diable et chante mieux que jamais. Ce texte doit jouer un rôle dans la propagation des mérites d'Odilon : Cluny entretient des rapports particuliers avec la mort, et la mémoire des morts est soigneusement préservée. A fortiori, la mort de l'abbé se doit d'être un modèle. Le premier texte nous donne également un certain nombre d'indications sur la topographie des lieux. Ainsi, la veille de Noël, Odilon se rend au chapitre, mais le 25 décembre, il est transporté dans « l'oratoire de la bienheureuse Vierge Marie. Quelques jours plus tard, la veille de la fête de saint Sylvestre, à l'heure de vêpres, « il se fait transporter devant l'autel de Marie, mère de Dieu », puis il est ramené à l'infirmerie pour prendre du repos dans un petit lit. Il est ensuite déposé sur un cilice, reprenant en cela l'exemple de saint Martin, exemple qui sera suivi ensuite par les abbés de Cluny. Après sa mort, son corps est lavé et parfumé4s, revêtu de ses vêtements, emmené dans l'église Saint-Pierre, sur un brancard et déposé devant l'autel des saints Pierre et Paul. Il est ensuite inhumé dans la crypte gauche de cette église près de l'autel de saint Laurent martyr, Dom Tripperet le situe dans le collatéral gauche « du côté de midy » et rajoute « on éleva dessus un tombeau assez simple ». L'oratoire de la Vierge Marie correspond à l'église Notre Dame des Avents (cf. plan). Odilon mourant ne se déplaçait plus que dans un périmètre restreint, il doit s'agir de l'édifice jouant le rôle de chapelle de l'infirmerie, proche également du chapitre49. Le terme crypta (lieu voûté) pose problème ; en effet, il n'existe pas de véritable crypte à Souvigny. Le terme crypta est par contre utilisé dans le coutumier de Cluny et semble correspondre à des points de circulation importants de l'édifice. À Souvigny, cela se rapporterait aux tombeaux des saints abbés qui devaient être effectivement les lieux-clefs dans l'édifice autour desquels s'articulaient la liturgie monastique et les pèlerinages. L'église est devenue un véritable reliquaire. Désormais, Souvigny détient un rare privilège, celui de posséder les sépultures de deux abbés de Cluny, et les miracles se succèdent sur la tombe d'Odilon. Mais Odilon a comme Mayeul, réalisé des miracles avant sa mort, il en est d'ailleurs la preuve vivante, puisque dans son enfance, il a été l'objet d'un miracle de la Vierge qui lui a permis de marcher, il est consacré.

Statue de St Odilon, prieuré de Souvigny
Vitrail de St Odilon, prieuré de Souvigny

isite de l'église prieurale toute l'année et tous les jours (sauf mardi et lors des célébrations religieuses) au départ des musées

La visite de l'église prieurale (au départ des musées) et l’ouverture des musées et jardins à lieu du 2 janvier au 31 décembre toute l'année et tous les jours (sauf mardi et lors des célébrations religieuses pour la visite commentée de l’église)
Horaires : 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures ; du 1er juillet au 31 août le musée est ouvert jusqu'à 19 heures
-Les tarifs des visites sont les suivants :
Tarifs individuels : visite guidée de l’église, 4€ ou accès aux musées et jardins, 4€ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 6,50€
Tarifs groupes (30 personnes) : visite guidée de l’église, 3,20€ ou accès aux musées et jardins, 3,20¤ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 4,80€.
Tarifs enfants : gratuit jusqu’à 11 ans ; accueil de groupe scolaire, 1€.
Contact : Musées de Souvigny, BP 27, 03210 Souvigny ; téléphone, 04 70 43 99 75.

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