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Exposition

La verrerie de Souvigny est réputée l'un des plus anciens établissements du Bourbonnais. A ce seul titre, elle mérite une mention honorable dans les annales de l'industrie. En effet, les riches houillères de Commentry, de Bezenet et du Montet n'étaient pas encore exploitées. Les établissements métallurgiques de Tronçais, de Messarges et de Montluçon n'existaient pas lorsque déjà Souvigny expédiait au loin les produits renommés de son industrie. Les voyageurs ne manquaient d'aller visiter la verrerie après avoir admiré l'église. Les facteurs d'installation de la verrrerie sur le site de Souvigny sont les suivants : - l'importance de cette petite ville a toujours été un atout remarquable pour la province dont elle fut autrefois la capitale. - les matières premières telles que les calcaires de Souvigny et de Saint Menoux, la silice de la forêt de Messarges, les sables de l'Allier et de Coulandon et les terres réfractaires de la Bouchot te près de Hérisson sont présentes à faible distance de Souvigny. De même, les mines de Fins, seules qui fussent alors exploitées en Bourbonnais, permettaient d'extraire du charbon à proximité de la verrerie, le charbon étant un élément primordial de ce genre d'industrie. - la navigation sur l'Allier offrait le moyen de transport le plus sûr et le plus économique. Sa situation sur la route de Limoges et de Bordeaux est la principale source de débouchés pour cette catégorie de produits. On peut donc dire que le choix de Souvigny pour y fonder une verrerie est justifié par la proximité des voies de communication ainsi que des matières premières. La Verrerie a été fondée en 1755 et nous regrettons d'être privés de documents et de n'avoir à transmettre à la postérité que le nom du fondateur, monsieur Salvart de Sai nt" Brisson . ( D'après les notes sur la verrerie de Souvigny lues aux assises scientifiques du Bourbonnais par monsieur l'abbé Ogerdias, curé doyen de Souvigny, en novembre 1866).

Bannière de la société de secours mutuels des verreries de Souvigny.
ORIGINE DE LA PROSPERITE VERRIERE DE SOUVIGNY
A l'origine, les changements trop fréquents de directeurs et de propriétaires sont la cause de malaise et d'insuccès. Il est difficile dans les actes publics de suivre la rapide transmission de cette propriété. Pendant les trente premières années, on enregistre dix ventes successives. Ainsi, de monsieur Salvart de Saint Brisson, fondateur, elle passa rapidement à monsieur Joz-Guibal de Salvert puis à messieurs G uyenot frères puis à monsieur Ours puis à monsieur Michel de Moulins, à messieurs Durand et d'Orjault de Beaumont puis à monsieur Mauguin Dubouys. Malgrè de grands sacrifices pécuniaires, cet établissement n'eut, dans ces premières années qu'une existence précaire. Ce fut alors que la direction des frères Pieron, apportant la science de la technique qui manquait à l'ancienne administration, fit changer en peu de temps la situation des affaires. Cette famille Pieron, a occupé une place trop importante dans notre industrie locale, pour qu'on ne nous permette pas de lui consacrer ici quelque lignes : Elle vint à Souvigny en 1765. Elle était originaire de l'Argonne, en Lorraine. Nicolas Pieron, l'auteur des Pieron de Souvigny, était né à Aubreville près de Clermont en Argonne, diosèce de Verdun, d'une famille de verriers qui signaient "gentilshommes verriers". Il mourut à Souvigny vers 1770 et fut inhumés dans l'église saint Marc. La tradition nous a transmis à son sujet un fait dont le souvenir mérite d'être conservé: Nicolas Pieron, atteint d'une maladie incurable condamné par les médecins, eut recours à l'intercession de saint Mayeul le thaumaturge de la contrée et fut guéri miraculeusement à la fin de sa neuvaine. Cet événement eut alors un grand retentissement dans le pays. Un Te Deum fut chanté dans la grande église, un procès verbal en forme fut dressé et déposé dans la chasse du Saint, d'oû il fut tiré en 1793 pour être brulé sur ce qu'on appelait alors l'autel de la patrie. Il existait encore en 1836 des témoins de ce miracle. La mémoire de Nicolas Pieron est encore en vénération parmi ses descendants. Ses quatre fils, Jean-Baptiste, Louis-François, Simon et Charles, marchèrent dignement sur ses traces. Simples employés d'abord, puis fermiers de la verrerie en 1790, ils en deviennent proprétaires en 1799. Cet acte important date du 4 ventose an VIII (24 février 1799). Ils furent encouragés à faire cette acquisition par un homme dont le nom mérite de figurer parmi les bienfaiteurs de l'industrie, Monsieur Ripoud. Banquier à Moulins, il avait jugé à l'oeuvre les frères Pieron et eu foi en leur avenir. Grâce à la parole tenue de monsieur Ripoud, les frères Pieron achetèrent la verrerie. Ainsi, avec l'administration des frères Pieron, s'ouvrit pour la verrerie une ère de prostérité inconnue avant eux: Ils s'assurent, dès leur début à titre de fermiers, l'exploitation des mines de Tronget ("Les Berauds" et "les Gabeliers") dont la socièté Pieron devint plus tard propriétaire.
Vue aérienne du site industriel de la verrerie dans les années 70
LA VERRERIE DE SOUVIGNY AU XIXème SIECLE
La verrerie comprenait en 1834, deux fours: celui du bas de la ville appelé la vieille verrerie et celui du haut ou verrerie saint Eloi. Ce dernier était établi dans les bâtiments de l'ancien hôpital de Souvigny dont les biens avaient été cédés aux hospices de Moulins, moyennant certaines stipulations en faveur des malades, des pauvres et des enfants orphelins de Souvigny. Le produit de la fabrication annuelle s'élevait à un million de bouteilles environ. Elles étaient remarquables, moins par la diversité de leurs formes et de la couleur du verre, que par leur solidité incontestable.Le personnel ordinaire comprenait au moins 150 ouvriers, si l'on veut tenir compte de ceux qui travaillaient aux mines dépendant de la verrerie ainsi que les femmes et les enfants
Vestige des anciens bâtiments encore visibles en 1985
On constatera plus de 700 personnes vivant de cette industrie. Il n'est pas surprenant qu'elle ait été populaire dans le pays. Il n'est peut être pas inutile d'étudier les causes de cette prospérité. C'est un grand fait assurément pour une industrie privée que de traverser cinquante années aussi difficiles (de 1799 à 1856). Les causes de cette stabilité sont d'abord: la sagesse et les connaissances spéciales des directeurs, l'ordre parfait et l'économie sévère qu'ils surent établir, leur administration paternelle, les bons rapports entre ouvriers, presque tous indigènes, et leurs maîtres, les sacrifices que ceux-ci savaient s'imposer dans les mauvais jours pour venir en aide à leur subordonnés ( enfin comme on l'a dit en une circonstance solonnelle, le sens de la religion, de l'honneur et du devoir qui a été traditionnel dans cet établissement) ce qui explique cette prospérité interrompue pendant cette longue période de 57 ans. Cependant à cette période (vers 1856) , des difficultés diverses étant survenues et les intérêts se trouvant subdivisés pour qu'il en résultat une harmonie parfaite, les sociétaires se déterminèrent à vendre l'établissement à la compagnie des Mines du Montet qui, en faisant cette importante acquisition, avait pour but, non point de poursuivre les travaux, mais d'étendre une servitude onéreuse dont voici l'origine: Fondée vers 1820, la société des mines du Montet avait acquis en 1840 de la société Pieron la propriété des mines de Tronget, mais avec la charge de livrer chaque année à la société 40 000 hectolitres de charbon au prix minime de 60 centimes l'hectolitre et cela pendant trente ans. Ce fut donc une excellente affaire pour la société des mines de se libérer en 1856 d'une servitude qui devait encore durer quatorze ans ; ce fut un coup fatal porté à la verrerie qui cessa dès ce jour d'exister. Aussi, la nouvelle imprévue de cet événement, provoqua une douloureuse surprise parmi la population qui crut voir s'éteindre pour jamais les feux de son antique verrerie. Mais la Providence lui réservait un autre avenir... En 1859, le chemin de fer de Moulins à Montluçon venait d'être livré à la circulation. La gare de Souvigny s'élevait en face des noirs bâtiments de la verrerie dont notre ville portait le deuil depuis 5 ans. Dans cette circonstance, on se demandait si l'on ne profiterait pas de ce puissant moyen pour ressusciter une industrie, qui avait pu avec des conditions moins favorables prospérer pendant plus de cinquante ans. Tel était le sentiment qui préoccupait alors tous les esprits. Aussi vit on avec une indicible satisfaction et une sincère reconnaissance, s'organiser l'honorable compagnie qui a ravivé cette industrie séculière et replacé la verrerie de Souvigny dans la grande famille de l'industrie française. La nouvelle société est constituée en septembre 1861 ; 400 actions de 500 francs sont émises et suffisent à peine à l'empressement des actionaires, parmi lesquels figurent les noms les plus honorables de Moulins et des environs. Les bâtiments de l'ancienne verrerie sont achetés à la compagnie du Montet et un directeur qui avait fait ses preuves dans les verreries du centre (Chalons et Blanzy) est mis à la tête de la régie. En peu de temps, deux fours sont allumés et fonctionnent convenablement. Cependant, après deux années d'exploitation par régie, on crut devoir fermer l'établissement. Monsieur Pocheron en devint adjudicataire en septembre 1863 et il put joindre à son titre de directeur celui de fermier. Inventeur, un nouveau système de four portera son nom; monsieur Pocheron assurera la prospérité de la verrerie.

FIN D'UNE INDUSTRIE TRADITIONNELLE
Dans les dernières décennies de leur existence, les verreries et cristalleries de SOUVIGNY ne cesseront d'augmenter et d'améliorer leurs productions, se spécialisant dans la fabrication de verres destinés à l'industrie hôtelière, aux grandes compagnies de navigations maritime et aérienne. La concurrence internationale et l'apparition de la crise économique vont cependant altérer puis anéantir la vitalité de la première activité industrielle du pays. En 1979, la verrerie ferme définitivement ses portes supprimant ainsi 200 emplois et cela malgré les efforts rassemblés pour lui redonner vie.
Vue des bungalows des familles de verriers dans les années 80

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isite de l'église prieurale toute l'année et tous les jours (sauf mardi et lors des célébrations religieuses) au départ des musées

La visite de l'église prieurale (au départ des musées) et l’ouverture des musées et jardins à lieu du 2 janvier au 31 décembre toute l'année et tous les jours (sauf mardi et lors des célébrations religieuses pour la visite commentée de l’église)
Horaires : 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 18 heures ; du 1er juillet au 31 août le musée est ouvert jusqu'à 19 heures
-Les tarifs des visites sont les suivants :
Tarifs individuels : visite guidée de l’église, 4€ ou accès aux musées et jardins, 4€ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 6,50€
Tarifs groupes (30 personnes) : visite guidée de l’église, 3,20€ ou accès aux musées et jardins, 3,20¤ ; forfait visite guidée de l’église et accès musées et jardins, 4,80€.
Tarifs enfants : gratuit jusqu’à 11 ans ; accueil de groupe scolaire, 1€.
Contact : Musées de Souvigny, BP 27, 03210 Souvigny ; téléphone, 04 70 43 99 75.

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