Fin Xe, début XIe s., l’existence d’une église Saint-Blaise (près de l’emplacement de l’actuelle place Saint Blaise) est confirmée ; elle est même citée comme église paroissiale aux XVIIe et XVIIIe s. En très mauvais état, elle fut démolie à la Révolution. Une donation du 20 septembre 1077, de l’évêque de Clermont, Durand, à Guillaume, prieur de Saint-Pourçain sur Sioule, fait figurer Saint-Martin de Besson parmi les possessions de l’abbaye de Saint Philibert de Tournus. Contrairement aux affirmations d’un certain nombre d’ouvrages même récents, Saint Martin n’a donc jamais été rattaché ni à Cluny ni à Souvigny (des confusions ont pu être commises avec la donation de certaines terres de la paroisse à l’abbaye de Cluny, quant à l’acte de donation du sire Archambault aux moines de l’église Saint-Pierre de Souvigny, il s’agissait d’un faux). Aucun renseignement ne nous permet de savoir quand Saint-Martin est devenue église paroissiale. Les deux absidioles nous indiquent quelques données historiques :  la chapelle Nord, connue sous le vocable de Notre-Dame, appartenait aux seigneurs de Fourchaud qui l’entretenaient, la réparaient et avaient le droit de la délimiter en faisant figurer leurs armes et de placer leurs sépultures dans le bras Nord du transept. Quant à l’absidiole Sud connue d’abord sous le vocable de Saint Sébastien, puis Saint Sébastien et Saint Roch, puis Saint Roch uniquement juste avant 1789, elle est dédiée aujourd’hui à Saint-Louis et appartenait aux seigneurs de Ris puis de Bostz. À la Révolution, l’église Saint Martin est mise aux enchères et achetée pour 50000 livres par le marquis de Tilly, seigneur de Bostz pour la sauver de la démolition. Par succession, elle appartient à la famille des Bourbon-Busset qui accepte d’en faire les réparations. La donation est proposée à la commune en 1824 et est acceptée en 1831 ; la famille se réservant la jouissance de la partie Sud (chapelle Saint-Louis qui appartient aujourd’hui aux Bourbon-Parme).

Édifice du XIIe siècle à nef de quatre travées, bas-côtés, transept non saillant, abside et absidioles en hémicycle, l’église Saint-Martin présente des ressemblances avec celle de Chemilly (elles sont probablement du même architecte). Sa construction s’est faite en deux temps : le chœur, les bras du transept et les bas-côtés de la nef dans un premier temps et l’achèvement de l’édifice dans un second temps. Rattachée à la période romane, la simplicité du plan est à remarquer. Les deux chutes successives du clocher en 1620 et 1700 ont entraîné la disparition des voûtes d’origine à l’exception d’une partie de celle des bas-côtés.
À côté de son architecture, l’église est aussi remarquable par ses chapiteaux qui constituent un ornement particulièrement intéressant (feuilles de marronniers, de chênes, de choux...). Le vitrail de Saint-Louis réalisé par Mailhot en 1885 est certainement l’un des plus beaux vitraux du XIXe siècle en Bourbonnais ; il représente le saint agenouillé tenant la couronne d’épines tandis que sa propre couronne et son sceptre sont posés à ses pieds. Les statues dont deux sont classées (Saint Sébastien XVIe et Saint Roch XVIIe) méritent un certain intérêt. Parmi les sculptures, l’une représente des jumeaux et évoque sans doute l’origine même du village qui semble tenir son nom du latin bisso, bis, «deux fois».


Église Saint Martin : Xe - XIe s.

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