Ancienne abbatiale d’un couvent de Bénédictines, fondé sur la tombe de l’évêque breton Menulphe/Menoux. Narthex, XIe s. abritant un dépôt lapidaire. Clocher , XIIIe s., à deux étages, tourelle d’escalier, flèche de pierre. Remaniements intérieurs au XVe s. , restes d’un cloître au Sud, XVe s. Au Nord, contreforts, XVIe s. MH. Sarcophage de Saint Menoux sur colonnettes, pierre, XIIIe s. , avec sur le côté une ouverture où les simples d’esprit, en passant la tête, peuvent se guérir de leur infirmité («débredinoire» de «bredin», simplet, en patois).
Cette église dédiée à saint Menoux appartenait à l’ancien diocèse de Bourges. C’est une ancienne église abbatiale d’un couvent de Bénédictines, fondé avant la fin du Xe siècle sur la tombe d’un saint évêque breton Menulphe ou Menoux (lui-même mort au VIIe siècle). Pendant des siècles, le couvent bénéficia de la protection de la maison des Bourbons. Cette abbaye prospère rayonna dans toute la région et patronnait 18 paroisses et prieurés.
La façade, du côté Ouest, datée du XIe s., s’appuie sur le pignon de la nef percé d’un oculus. À l’Est, le chevet remarquable laisse apparaître une série de cinq chapelles rayonnantes étayées de contrefort-colonnes décorés de chapiteaux à feuillage. Des modillons à copeaux et un cordon de billettes soulignent la beauté de l’ensemble. Le clocher carré de l’église date du XIIIe s.
L’église s’étend sur 62 m de long et sur 16 m de large. La partie la plus ancienne de l’ensemble est le narthex (vers 1100) composé d’une vaste salle en trapèze, divisée en trois vaisseaux. Le décor y est assez fruste, chapiteaux à têtes humaines, chevrons, entrelacs, lions monocéphales ou crosses de fougères. La nef est appliquée au XIIe s. au narthex, mais fut reprise au XVe s. et munie de voûtes sur croisées d’ogive ; seul le bas-coté nord a conservé son berceau primitif en plein-cintre sur doubleaux. En avant de la nef, le transept non saillant, daté de la fin du XIIe et du début du XIIIe s., atteste de la pénétration du nouveau style gothique. Le chœur (env. 1150) est précédé de deux travées droites et composé d’une abside semi-circulaire entourée d’un déambulatoire ouvert sur cinq chapelles rayonnantes. Il présente un raffinement dans sa décoration d’influence bourguignonne, profusion de feuillages, palmettes, acanthes, masques vomissant des rinceaux, griffons buvant au même calice… L’élan ascensionnel est tempéré par une somptueuse frise ornée d’une large grecque perlée et d’une rangée d’oves.
Dans le déambulatoire, une entrée permet d’accéder derrière le maître-autel, au « débredinoire », le sarcophage de saint Menoux (XIIIe s.). La tradition attribue au saint la guérison des « bredins », ou simple d’esprit, guéris de leurs infirmités en passant la tête par l’ouverture sur le coté du sarcophage afin de vénérer les reliques du saint ; « se faire débrediner ».


Aux alentours :
Église de Saint-Menoux : XIe - XIIIe - XVe s.